sondage en direct
| « Istifta ala al hawaa » (Sondage en direct) Pour ou contre les femmes voilées dans les vidéo-clips ? | ||
« Istifta ala al hawaa » est une émission hebdomadaire (en direct le samedi soir, rediffusion le dimanche à 03 h 00 et à 15 h 00) présentée par Ahmed Hosni. Elle pose, chaque semaine, une question d'actualité différente, permettant aux auditeurs d'intervenir par téléphone, en direct ou par e-mail, et réalisant un sondage en direct. Cette semaine, le thème de l'émission est : « Soutenez-vous l'apparition de femmes voilées dans les vidéos-clips ? »
Dans sa présentation, Ahmed Hosni insiste sur « le phénomène des vidéos-clips qui envahit les médias arabes, un phénomène qui est de plus en plus répandu par les télévisions satellitaires, notamment les chaînes spécialisées dans la musique et la mode ». Les artistes et les techniciens se livrent à une rude concurrence pour rivaliser, donner les clips les plus performants et attirer de plus en plus de téléspectateurs. L'innovation, dans ce domaine, a fait que les vidéos-clips reflètent très souvent la vie quotidienne du téléspectateur arabe, dans ses plus petits détails. « La dernière invention est l'apparition de femmes voilées dans ces vidéos-clips, apparition qui a soulevé de nombreuses protestations et fait naître des controverses. Je reçois ce soir le docteur Nadia Bou Hannad, fondatrice et directrice du Centre de consultations psychologiques de Dubaï. Les spectateurs peuvent réagir soit par téléphone en direct, soit par e-mail ou fax. »
Le premier intervenant par téléphone soutient l'apparition de la femme voilée, à condition que le vidéo-clip soit constructif et à but pédagogique. Le deuxième est tout à fait contre cette apparition, car, « malheureusement, le vidéo-clip doit logiquement être totalement interdit dans les foyers arabes, il pousse à la dérive ». Une autre intervenante soutient aussi l'interdiction formelle de l'apparition de la femme voilée à la télévision dans un vidéo-clip, car, dit-elle en substance, « la femme est par définition un défaut, alors la laisser en pâture aux télévisions, c'est encore pire ». Un téléspectateur, à l'accent égyptien prononcé, soutient l'idée, car « c'est une bonne chose, qui viendrait remplacer les femmes décolletées qui perturbent les esprits. En plus, son apparition voilée n'enlève en rien à sa qualité d'artiste ou de chanteuse ». Un cinquième intervenant saoudien refuse « l'apparition de la femme à la télévision, qu'elle soit voilée ou non. Car la femme se transforme en un objet publicitaire, sans plus. Ce qui nuit à son image de femme au foyer ». Un autre refuse l'apparition de tout symbole religieux en musique : « C'est un blasphème. »
Tous les intervenants saoudiens sont absolument contre le vidéo-clip : « Il faut l'éradiquer de la société. Avec ou sans femmes, il doit être interdit. » Le présentateur pousse les téléspectateurs dans leurs derniers retranchements : « Mais les vidéos-clips ne reflètent-ils pas une image de la société arabe ? La fille voilée n'existe-t-elle pas réellement ? Où est le mal à la filmer puisqu'elle existe ? » Les intervenants sont enragés, cela se ressent à leur voix. Ils sont offensifs et rejettent l'idée de diffuser des vidéos-clips. Pourtant, ils reconnaissent les regarder de temps en temps, malgré eux, et les qualifient de très dangereux pour la jeune génération qui est souvent tentée de les imiter dans la vie réelle.
L'émission se poursuit avec des sondages réalisés en Arabie saoudite, au Soudan, en Égypte, au Liban et en Irak. Un Saoudien interrogé souligne que « les Arabes sont souvent vus par l'Occident comme intéressés par la femme. Puisque les choses sont ainsi, il vaut mieux montrer des femmes voilées à la télévision, y compris dans les vidéos-clips ». Un second dénonce l'apparition de la femme, en général. Et comme le voile est un symbole religieux, il est strictement recommandé de ne pas l'utiliser à la télévision. La solution est de bannir la femme du petit écran.
Un Soudanais préfère que la femme apparaisse dans une tenue décente, comme le voile, au lieu de la voir en décolleté et très dénudée. Un deuxième Soudanais estime que la culture des vidéos-clips est contre la civilisation et que l'islam l'interdit. Un troisième juge que c'est anti-islamique. Pour un quatrième, « la musique et la chanson sont anti-islamiques. Le voile et le vidéo-clip sont incompatibles par définition ».
Quatre Égyptiens interrogés sont unanimement contre l'apparition de la femme voilée à la télévision, le voile étant un symbole islamique qui n'a pas sa place dans la chanson ou la danse? Les Irakiens sont aussi radicaux que les Égyptiens. Cinq personnes interrogées sont contre le mélange entre le voile islamique et l'art.
L'invitée sur le plateau pense, quant à elle, que le réalisateur émirati qui a lancé l'idée de la femme voilée dans le vidéo-clip cherchait en réalité à provoquer, pour se faire une publicité. Mais d'autres artistes arabes, notamment égyptiennes, sont plutôt d'accord avec le phénomène, qui prend de l'ampleur. Mona Abdelghani, une artiste égyptienne qui s'est récemment voilée, intervient pour défendre le droit de la femme voilée à exercer tous les métiers. « Si elle est artiste et voilée, qu'est-ce qui doit l'empêcher de jouer dans un vidéo-clip ? » s'interroge-t-elle ? Elle ajoute : « Ta s?ur, ta mère, ta cousine existent bien. Mêmes voilées, elles ont un métier et elles sont dignes de respect. Un vidéo-clip peut bien refléter leur vie quotidienne et présenter une femme voilée. »
Les Libanais sont plutôt favorables à l'apparition de la femme voilée dans le vidéo-clip. Il faut que cela serve à accélérer l'ouverture, il faut montrer toutes sortes de femmes : les voilées, les non voilées. Les deux catégories existent bien et elles ont droit de cité? Certains Libanais trouvent l'idée géniale, nouvelle, innovante? mais ils la refusent tout de même.
Une Marocaine intervient pour défendre l'idée, si elle vise à défendre le droit du port du voile en Europe, par exemple. Mais dans l'absolu, elle est contre la femme voilée dans l'art. « Car, la femme n'est pas sincère quand elle joue son rôle. C'est du cinéma qui, pas après pas, l'amène à sortir, à fréquenter des étrangers, à fumer? à violer tous les interdits. C'est contre l'islam. Cela fait partie du complot visant l'islam. »
source:http://www.proche-orient.info/xveille_medias_article.php3?id_article=42633